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Le Psautier de Saint Hilaire de Poitiers



Hilarius, le saint Athanase

de l'occident...


Nous ne connaissons pas précisément

la date de naissance d'Hilaire de Poitiers.

C'est par la "vie des hommes illustres"

de Saint Jérôme que les premiers repères

biographiques nous sont donnés. Né en

Aquitaine, entre 310 et 315 et de famille

païenne, Il a raconté lui-même au début de

son Traité sur la Trinité, combien le Prologue

de saint Jean fut déterminant pour sa conversion.


Trois repères sont encore importants :

il fut baptisé certainement en 345 et

en 350, nous connaissons la date plus ou moins

précise du début de son épiscopat à Poitiers ;

enfin, en 356, il prend publiquement position

au Synode de Béziers, et défend la foi de Nicée

s'agissant de la divinité de Jésus.


Sur l'ordre de l'Empereur, il est alors exilé

en Phrygie, (ancien pays d'Asie mineure proche

de la Turquie) jusqu'en 360-362. Cela ne l'empêcha

pas de conduire son diocèse par correspondance !

C'est par cet exil forcé, qu'Hilarius rencontrera

d'ailleurs le monde grec...


Il retourna alors dans son diocèse, et au milieu

d'un travail immense, rédigea son Commentaire

sur les Psaumes entre 364 et 367

La mort d'Hilaire viendra l'interrompre

dans sa rédaction...

Sulpice Sévère précise dans ses Chroniques,

que l'Evêque de Poitiers est mort cinq ans après

son retour d'exil... Les témoignages concordants

et complémentaires des uns sur la vie des autres,

nous permettent de reconstituer le fil historique...


C'est Mgr Patrick DESCOURTIEUX,

prêtre de l'Archidiocèse de Paris et professeur

à l'Augustinianum de Rome, qui entreprend

en 2008 la traduction de ce Traité des Psaumes

dans la Collection Sources chrétiennes... Et qui

nous offre au passage, une très belle version

des Psaumes ainsi commentés par Hilarius !

Ce gros travail n'est d'ailleurs pas actuellement

achevé, mais poursuit son cours dans les

volumes suivants de la Collection précédemment

citée : SC 515, 565, 603, 605, 625...


Le Tractatus super Psalmos, a été le premier

Commentaire du Psautier en langue latine,

comme Hilarius fut le premier écrivain chrétien

à traduire la pensée d'Origène dans le monde

latin. Le grand Maître de Carthage

Saint Augustin, dira de lui : "C'est un catholique

qui parle, c'est un insigne docteur des Eglises

qui parle, c'est Hilaire qui parle" (St Augustin,

Contre Julien II,,8,28).


Par ailleurs il faut préciser que ce Traité spirituel

ne s'adresse pas à une personne en particulier...

Il s'agit sans doute de l'œuvre attentive d'un

Evêque qui prend le temps de donner à ses

prêtres et à ses diocésains, le sens spirituel des

Psaumes... Dans son commentaire du psaume 64,

Saint Hilaire parle clairement de la louange

du matin et de celle du soir, ce qui a toujours été

très tôt, cru et pratiqué dans l'Eglise, avant de

donner naissance à l'Office divin...


Dans la grande Tradition des commentateurs

bibliques, il s'agira bien de s'attacher

à la dimension littérale du texte mais de ne

pas s'y limiter. Dans la grande Tradition

qu'introduit Origène, il s'agira surtout

de dégager le sens spirituel des Psaumes,

le sens caché dirait-on, et en l'occurrence,

de chercher attentivement le Christ dans les

Psaumes, Celui-là même qui les a priés...

C'est la foi au Christ et la bonne

compréhension de l'économie divine qui

nous permettent de trouver le vrai sens

de l'ancien Testament. Pour lui, le Christ

est la "clé du Psautier" !


"En s'incarnant, le Verbe assumait

en quelque manière l'humanité entière,

y compris celle des prophètes de l'Ancienne

Alliance..."

(B. de MARGERIE, Introduction

à l'histoire de l'Exégèse, II, les premiers

grands exégètes latins, 1983, page 65-98)


Le texte de référence sur lequel travaille

l'auteur de la Traduction du Traité est celui du

Corpus Christianorum. Le Corpus Christianorum

(CC, CCL ou CChr), est une collection savante,

éditée par les bénédictins à Turnhout (Belgique)

chez l'imprimeur Brepols, qui débuta dans les

années 1950. Son objectif actuel est de publier

et dans le cadre d'une collaboration internationale,

tous les ouvrages grecs et latins de la chrétienté,

depuis les auteurs patristiques jusqu'à la fin

du Moyen Âge....



Le Psautier de Saint Hilaire de Poitiers



Hilarius, le saint Athanase

de l'occident...


Nous ne connaissons pas précisément la date de naissance d'Hilaire de Poitiers. C'est par la "vie des hommes illustres" de Saint Jérôme que les premiers repères biographiques nous sont donnés. Né en Aquitaine, entre 310 et 315 et de famille païenne, Il a raconté lui-même au début de son Traité sur la Trinité, combien le Prologue de saint Jean fut déterminant pour sa conversion.


Trois repères sont encore importants :

il fut baptisé certainement en 345 et

en 350, nous connaissons la date plus ou moins

précise du début de son épiscopat à Poitiers ;

enfin, en 356, il prend publiquement position

au Synode de Béziers, et défend la foi de Nicée

s'agissant de la divinité de Jésus.


Sur l'ordre de l'Empereur, il est alors exilé

en Phrygie, (ancien pays d'Asie mineure proche

de la Turquie) jusqu'en 360-362. Cela ne l'empêcha

pas de conduire son diocèse par correspondance !

C'est par cet exil forcé, qu'Hilarius rencontrera

d'ailleurs le monde grec...


Il retourna alors dans son diocèse, et au milieu

d'un travail immense, rédigea son Commentaire

sur les Psaumes entre 364 et 367

La mort d'Hilaire viendra l'interrompre

dans sa rédaction...

Sulpice Sévère précise dans ses Chroniques,

que l'Evêque de Poitiers est mort cinq ans après

son retour d'exil... Les témoignages concordants

et complémentaires des uns sur la vie des autres,

nous permettent de reconstituer le fil historique...


C'est Mgr Patrick DESCOURTIEUX,

prêtre de l'Archidiocèse de Paris et professeur

à l'Augustinianum de Rome, qui entreprend

en 2008 la traduction de ce Traité des Psaumes

dans la Collection Sources chrétiennes... Et qui

nous offre au passage, une très belle version

des Psaumes ainsi commentés par Hilarius !

Ce gros travail n'est d'ailleurs pas actuellement

achevé, mais poursuit son cours dans les

volumes suivants de la Collection précédemment

citée : SC 515, 565, 603, 605, 625...


Le Tractatus super Psalmos, a été le premier

Commentaire du Psautier en langue latine,

comme Hilarius fut le premier écrivain chrétien

à traduire la pensée d'Origène dans le monde

latin. Le grand Maître de Carthage

Saint Augustin, dira de lui : "C'est un catholique

qui parle, c'est un insigne docteur des Eglises

qui parle, c'est Hilaire qui parle" (St Augustin,

Contre Julien II,,8,28).


Par ailleurs il faut préciser que ce Traité spirituel

ne s'adresse pas à une personne en particulier...

Il s'agit sans doute de l'œuvre attentive d'un

Evêque qui prend le temps de donner à ses

prêtres et à ses diocésains, le sens spirituel des

Psaumes... Dans son commentaire du psaume 64,

Saint Hilaire parle clairement de la louange

du matin et de celle du soir, ce qui a toujours été

très tôt, cru et pratiqué dans l'Eglise, avant de

donner naissance à l'Office divin...


Dans la grande Tradition des commentateurs

bibliques, il s'agira bien de s'attacher

à la dimension littérale du texte mais de ne

pas s'y limiter. Dans la grande Tradition

qu'introduit Origène, il s'agira surtout

de dégager le sens spirituel des Psaumes,

le sens caché dirait-on, et en l'occurrence,

de chercher attentivement le Christ dans les

Psaumes, Celui-là même qui les a priés...

C'est la foi au Christ et la bonne

compréhension de l'économie divine qui

nous permettent de trouver le vrai sens

de l'ancien Testament. Pour lui, le Christ

est la "clé du Psautier" !


"En s'incarnant, le Verbe assumait

en quelque manière l'humanité entière,

y compris celle des prophètes de l'Ancienne

Alliance..."

(B. de MARGERIE, Introduction

à l'histoire de l'Exégèse, II, les premiers

grands exégètes latins, 1983, page 65-98)


Le texte de référence sur lequel travaille

l'auteur de la Traduction du Traité est celui du

Corpus Christianorum. Le Corpus Christianorum

(CC, CCL ou CChr), est une collection savante,

éditée par les bénédictins à Turnhout (Belgique)

chez l'imprimeur Brepols, qui débuta dans les

années 1950. Son objectif actuel est de publier

et dans le cadre d'une collaboration internationale,

tous les ouvrages grecs et latins de la chrétienté,

depuis les auteurs patristiques jusqu'à la fin

du Moyen Âge....

Psaume 1

L'Arbre dont il est question c'est l'arbre de la connaissance du bien et du mal, l'arbre de la Genèse... Nous sommes nous-mêmes cet arbre doué de raison, qui donne des fruits en son temps... "Ainsi l'homme bienheureux deviendra cet arbre..." Les feuilles ne disparaîtront pas, car ce sont les paroles de Dieu qui donneront leurs fruits... C'est l'enseignement précieux "d'une parole qui ne tombe pas..." (SC 515, Psaume 1,17)


A propos du jugement des pécheurs : "La peur

de Dieu en retient plusieurs dans l'Eglise, mais les

séductions mondaines les attirent pourtant vers

les péchés du monde..." (22)

Sur le sens du verbe connaître pour Dieu :

"En demandant à Adam où il est, (cf Livre de la

Genèse), Dieu montre que son péché l'a rendu

indigne d'être connu de lui..." (24)



Psaume 2

Les nations qui frémissent et les peuples qui

forment de vains projets : "...Réunis dans

les personnes d'Hérode et de Pilate, des nations

frémissantes et des peuples qui formaient de

vains projets, se sont dressés comme un seul

homme avec leurs rois et leurs chefs. C'est

effectivement d'un commun accord que le préteur

et le tétrarque, décidèrent de condamner

le Seigneur à souffrir..." (SC 515, Psaume 2,5)


"Le Seigneur m'a dit :"Tu es mon Fils, aujourd'hui

je T'ai engendré..." : "En devenant fils de l'homme,

Il n'avait pas cessé d'être le Fils de Dieu.

Au contraire, le Fils de Dieu est si bien

le fils de l'homme, que sa puissance subsistante

de Fils de Dieu qui descend du ciel, fait de Lui

le fils de l'homme au ciel..." (SC 515, Psaume 2,11)


"Saisissez l'enseignement du Seigneur, pour éviter

qu'Il ne se mette en colère" : "la punition

appliquée à ceux qui, dans la liberté de leur

volonté, ont préféré mal agir, passe pour être

la colère de Dieu : la nature de Dieu, immuable

et toujours en repos, ne s'échauffe pas sous

l'effet d'une l'impulsion soudaine, mais, sous

le coup d'un châtiment, l'homme qui en demeure

frappé, a l'impression que l'auteur de cette

décision est en colère contre lui." (Ps 2,17)

Mais "Dieu n'est soumis à aucun mouvement

qui le ferait changer et ne saurait passer

d'un état à un autre, puisque sa nature est

marquée par la fermeté et la constance.

Il demeure tel qu'Il est, Lui qui a dit précisément :

"Je suis qui je suis et ne change pas" (Ex 3,14)

(Ps 2, 18)

"Il ne change donc pas pour se mettre en colère

puisqu'Il est magnanime, mais, en juge puissant,

Il a décidé de châtier une faute..." (Ps 2, 18)


"Aujourd'hui Je T'ai engendré !"

"En tant que Verbe de Dieu, le Fils unique

de Dieu est le Die Verbe. Il n'existe pas avec

le temps mais avant le temps... Il n'existe pas

en un temps donné mais avant tous les temps..."

(Ps 2,23)

"Ce Fils de l'homme n'est autre que le Fils de Dieu :

la noblesse de sa nature n'est nullement atteinte

par le fait qu'Il devient Fils de l'homme. En effet,

être Fils de l'Homme ne l'empêche pas d'être

Fils de Dieu : Il n'a pas dû sortir de sa divinité pour

entrer dans notre humble condition, et le partage

de notre faiblesse n'a pas constitué un affront à

sa puissance; au contraire, c'est notre faiblesse

qui a été honorée par sa puissance."

(Ps 2,25)

"En naissant à ce qu'Il fut avant le temps, Il naît

pour être dans le temps ce qu'Il n'était pas..."

(Ps 2,27)










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